Par Martin S. Mungwa, Ph.D., F.ASCE
Critique de livre en prépublication — Par la rédaction de The Independentist News
Environ 550 pages | 11 chapitres | 9 interludes | Études de cas | Cartes | Figures | Encadrés documentaires et d’audit | Fenêtres ouvertes | Horizons ouverts
Un Audit de l’Économie de Paul Biya est une analyse politico-économique de longue durée du Cameroun, couvrant la période de 1982 à 2026. Plutôt que de demander simplement si l’économie camerounaise a connu de la croissance sous Paul Biya, l’ouvrage pose une question beaucoup plus exigeante :
Qu’a hérité Paul Biya, qu’ont construit quarante-quatre années de continuité politique, qu’est-ce qui a été perdu, qui en a bénéficié, quelles régions ont progressé ou reculé, et quelle économie productive la prochaine ère politique héritera-t-elle ?
L’audit commence avant Paul Biya.
L’Introduction, « Ce qu’Ahmadou Ahidjo a laissé derrière lui », reconstitue le bilan économique du Cameroun au 6 novembre 1982. Elle examine l’agriculture, les plantations, les entreprises publiques, les industries, la production pétrolière, les infrastructures, les systèmes de transport, les institutions financières, le capital humain et les actifs productifs régionaux qui existaient déjà au moment où Ahmadou Ahidjo transmit le pouvoir.
Ce point de départ permet à l’ouvrage de distinguer clairement l’héritage de la réalisation, les vulnérabilités héritées des défaillances politiques ultérieures, ainsi que ce qui existait avant Paul Biya de ce qui s’est développé sous sa présidence. Le livre suit ensuite le Cameroun à travers les grandes transformations économiques de l’ère Biya.
PRINCIPAUX THÈMES
LA CRISE ÉCONOMIQUE ET L’AJUSTEMENT STRUCTUREL
L’ouvrage examine l’effondrement du boom économique du milieu des années 1980, la chute des recettes tirées des matières premières, la crise budgétaire, les difficultés du secteur bancaire, les baisses de salaires dans la fonction publique, les programmes d’ajustement du FMI et de la Banque mondiale, la libéralisation du commerce, les privatisations et la dévaluation du franc CFA en 1994.
Il cherche à distinguer les conséquences des chocs économiques internationaux de celles résultant des choix de politique intérieure et des faiblesses institutionnelles.
L’ESSOR ET LE DÉCLIN DE L’ÉCONOMIE PARAPUBLIQUE
Un chapitre majeur reconstitue le destin des entreprises publiques camerounaises.
Il examine notamment : CELLUCAM. CAMAIR, SOTUC, REGIFERCAM, CAMSHIP, CAMTAINER, SNEC, CAMSUCO SOCAPALM, HEVECAM. ONAPHARM. ainsi que les principales institutions financières publiques.
L’audit distingue les entreprises liquidées de celles qui ont été privatisées, mises en concession, restructurées, recapitalisées ou remplacées.Il pose une question plus profonde : Lorsqu’une entreprise publique disparaissait, le Cameroun perdait-il simplement une entreprise inefficace — ou perdait-il également des compétences, des technologies, des réseaux de fournisseurs, un savoir-faire industriel, des emplois, des terres productives et des capacités stratégiques nationales ?
Le livre passe en revue le cacao, le café, le coton, la banane, l’huile de palme, le caoutchouc, le bois, l’élevage, la pêche, les cultures vivrières, l’agriculture de plantation, les petits exploitants, l’irrigation, la mécanisation, le stockage, le financement agricole, les importations alimentaires et le développement agro-industriel.
Il demande quelle proportion de la valeur reste entre les mains des producteurs et si le Cameroun a réussi à transformer son abondance agricole en sécurité alimentaire et en capacité industrielle.
PÉTROLE, GAZ, MINERAIS ET SOUVERAINETÉ DES RESSOURCES
Le pétrole, le gaz naturel, le raffinage, la SONARA, le minerai de fer, la bauxite, le cobalt, le nickel, l’or, les diamants, le bois et les minerais stratégiques sont examinés à travers un même test :Qui extrait ? Qui finance ? Qui transforme ? Qui possède ? Qui contrôle la technologie ? Et quelle part de la valeur reste au Cameroun ?Le livre pose ainsi l’une de ses questions centrales :
Qu’a réellement construit le pétrole ?
INDUSTRIALISATION ET LA QUESTION DE L’USINE
L’ouvrage examine si le Cameroun a suffisamment progressé de l’extraction et de la production primaire vers : la transformation,* la fabrication, L’ingénierie, la technologie, la capacité de maintenance, la création de marques, la propriété intellectuelle, et la propriété nationale.
Il évalue l’agro-industrie, l’aluminium, le ciment, les matériaux de construction, les produits pharmaceutiques, le textile, la métallurgie, la transformation du bois, les PME et les zones industrielles.

ÉNERGIE, PORTS, ROUTES, CHEMINS DE FER ET CORRIDORS
Les grandes infrastructures ne sont pas évaluées uniquement selon qu’elles ont été construites, mais selon qu’elles sont devenues véritablement productives. Le livre examine : Nachtigal, Lom Pangar, la production et la fiabilité de l’électricité, le port de Douala, le port en eau profonde de Kribi, les chemins de fer, les routes nationales, les aéroports, les infrastructures numériques, le corridor Douala–N’Djamena, le corridor Douala–Bangui, les routes commerciales tournées vers le Nigeria et la position du Cameroun dans le golfe de Guinée.
Une question revient constamment : Le Cameroun a-t-il simplement construit des infrastructures, ou a-t-il bâti un véritable système productif intégré ?
CAPITAL HUMAIN, MIGRATION ET DIASPORA
L’éducation, les universités, l’enseignement et la formation techniques et professionnels, l’ingénierie, la recherche scientifique, l’emploi, le chômage des jeunes, le travail informel, l’immigration, l’émigration, les transferts de fonds, la fuite des cerveaux, la circulation des compétences et les capacités de la diaspora sont examinés comme des composantes de l’économie productive.
Le livre demande si le Cameroun forme des personnes dont les compétences sont ensuite utilisées par d’autres économies — et comment le capital, l’expertise et la technologie de la diaspora pourraient contribuer au développement productif national.
CENTRALISATION, FINANCES PUBLIQUES, DETTE ET PROPRIÉTÉ
L’un des principaux axes analytiques du livre est la centralisation économique. L’audit pose notamment les questions suivantes : Qui collecte les recettes ? Qui détermine les dépenses ? Qui décide où les infrastructures sont construites ? Qui contrôle les entreprises stratégiques ? Quelle autorité économique reste réellement aux régions et aux collectivités locales ? Où les capitaux publics sont-ils réinvestis ?
Le livre développe un Registre de la centralisation, comparant la production des recettes, la population, les infrastructures, l’investissement public, l’éducation, la santé, l’électricité, l’investissement industriel et les transferts régionaux.
Il examine également la dette publique, les banques, le franc CFA, la BEAC, la CEMAC, l’entrepreneuriat national, les investissements étrangers et la différence entre contenu local et propriété locale.
LA PRÉSIDENCE COMME INSTITUTION ÉCONOMIQUE
Un chapitre distinctif analyse la présidence elle-même comme composante de l’économie politique camerounaise. Il examine : la centralisation du pouvoir exécutif, les nominations présidentielles, les grandes décisions économiques, les entreprises publiques, l’endettement, les projets stratégiques, la gouvernance à travers la Présidence, les séjours prolongés à l’étranger, la gouvernance depuis l’étranger, la délégation d’autorité, la succession, et la continuité institutionnelle.
Le livre ne spécule pas sur l’état de santé de Paul Biya et ne cherche pas à établir un diagnostic médical. Il examine plutôt les absences documentées, les déclarations officielles, les actes présidentiels, les dispositions constitutionnelles et la question de savoir si un État fortement centralisé possède une profondeur institutionnelle suffisante pour fonctionner efficacement lorsque son président est physiquement absent.
LA FRANCE ET L’ARCHITECTURE ÉCONOMIQUE ET SÉCURITAIRE POSTCOLONIALE
Le livre examine la relation historique entre la France et le Cameroun, notamment : l’architecture de coopération postcoloniale, les Accords de coopération de 1974, la coopération militaire, l’assistance technique, la coopération judiciaire et administrative, l’architecture monétaire du franc CFA, les relations commerciales, et l’accord de partenariat de défense France–Cameroun de 2009.
Plutôt que de présumer les liens de causalité, le livre distingue les accords documentés, la politique française, les décisions souveraines camerounaises, les relations économiques, la coopération militaire et les affirmations nécessitant une vérification indépendante.
LE RÉTRÉCISSEMENT DE L’ÉCONOMIE DU NORD-OUEST ET DU SUD-OUEST
L’une des sections les plus importantes de l’ouvrage examine l’économie des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, historiquement associées au Southern Cameroons britannique et désignées sous le nom d’Ambazonie par les mouvements séparatistes et leurs partisans.
Le livre reconstitue l’économie productive avant le conflit actuel : les plantations de la CDC, le caoutchouc, la banane, l’huile de palme, le cacao, le café, l’agriculture des hauts plateaux, le commerce de Bamenda, l’économie éducative et des services de Buea, Victoria/Limbe, Tiko, Kumba, Mamfe, le commerce transfrontalier avec le Nigeria, les universités, le capital humain, les routes, les infrastructures régionales, et l’investissement public. Il examine ensuite : la centralisation, l’autorité fiscale régionale, l’allocation des investissements publics, les perceptions et les preuves de marginalisation, la crise politique de 2016, le conflit armé, la perturbation des plantations, la fermeture des entreprises, la délocalisation des entreprises, l’interruption de la scolarité, les déplacements de populations, l’insécurité routière, les barrages routiers, la perte de production agricole, la perte d’emplois formels, la diminution des recettes publiques, la dissuasion des investissements, et la destruction des capacités productives. Le livre distingue soigneusement trois questions : Quelles faiblesses économiques existaient avant 2016 ? Quelles pertes sont directement liées au conflit ? Quel rôle, le cas échéant, la centralisation de longue durée et l’allocation inégale des ressources ont-elles joué dans la création des conditions économiques et institutionnelles sous-jacentes ?
QU’ONT CONSTRUIT QUARANTE-QUATRE ANNÉES DE POUVOIR ?
Le dernier chapitre rassemble les résultats autour de trois bilans nationaux : 1960 — Ce dont l’indépendance a hérité, 1982 — Ce qu’Ahmadou Ahidjo a laissé derrière lui, 2026 — Ce que l’ère Biya laisse derrière elle
L’audit final pose les questions suivantes : Qu’est-ce qui a été construit ? Qu’est-ce qui a disparu ? Qu’est-ce qui a été privatisé ? Qu’est-ce qui reste entre les mains de l’État ? Quelles capacités productives ont été perdues ? Quelles nouvelles capacités ont été créées ? Qu’est devenue la dette publique ? Qui possède les actifs productifs du Cameroun ? Qu’est devenue la capacité industrielle ? Comment les différentes régions ont-elles participé au développement national ? Qu’ont laissé les partenariats étrangers ? Quel a été le coût économique du conflit ? Et de quelle économie la prochaine ère politique héritera-t-elle ?
AU-DELÀ DE L’AUDIT
Le livre comprend plusieurs Horizons ouverts qui regardent au-delà de 2026 : Émergence 2035 — De la vision à la capacité mesurable. Cet Horizon ouvert confronte l’ambition d’un Cameroun émergent à l’horizon 2035 aux résultats mesurables du système productif.
Il demande notamment : Le Cameroun est-il sur la trajectoire de l’Émergence 2035 ? Quels objectifs ont été atteints ? Quels objectifs accusent du retard ? Quelles capacités productives manquent encore ? L’industrialisation progresse-t-elle suffisamment ? Les infrastructures créent-elles réellement de la productivité ? Les emplois productifs suivent-ils la croissance démographique ? L’économie devient-elle plus sophistiquée ou reste-t-elle dépendante des matières premières ? La dette finance-t-elle des actifs capables de générer durablement de la richesse ? Les institutions disposent-elles des capacités nécessaires pour transformer la vision en résultats ?
Et que faudrait-il accomplir au cours des années restantes pour que l’Émergence 2035 soit autre chose qu’une ambition politique ? L’économie de la paix Le Cameroun après l’ère Biya
De la centralisation aux régions productives
Le prochain héritage L’objectif du livre n’est donc pas seulement de documenter le passé.
Il s’agit également de déterminer quelle architecture économique le Cameroun devra construire après l’une des plus longues présidences de l’histoire politique africaine contemporaine.
LA QUESTION CENTRALE
En définitive, Un Audit de l’Économie de Paul Biya pose la question suivante : Lorsque la durée de la présidence sera enfin séparée de la personnalité du président, quelle économie productive restera-t-il ?
À PARAÎTRE EN DÉCEMBRE 2026
Par Martin S. Mungwa, Ph.D., F.ASCE
Par la rédaction de The Independentist News





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